La microfinance à l’ère digitale : sept questions essentielles pour le futur du secteur

Est-ce que les fintechs vont prendre le contrôle de la microfinance ? Les bailleurs traditionnels peuvent-ils survivre ? Comment ? Elisabeth Rhyne, du centre pour l’inclusion financière Accion, répond à sept questions brûlantes.

Nota :  La FinTech, contraction de Financial Technology (technologie financière) désigne des petites entreprises (start-up et PME) qui fournissent des services financiers grâce à des solutions innovantes.

Crédit photo : Haja Faniry Razafimahenina pour CGAP, 2015

Crédit photo : Haja Faniry Razafimahenina pour CGAP, 2015

Au début des années 2000, le secteur de la microfinance était en plein essor. Il restait alors de nombreux objectifs à accomplir : conquérir les marchés financiers afin de se développer, obtenir une légitimité réglementaire, développer des produits d’épargne et d’assurance en plus du crédit, démontrer des performances sociales et œuvrer à la transformation institutionnelle.

Puis en 2007, M-Pesa est né et les choses ont commencé à changer. L’attention et le soutien du secteur international de l’inclusion financière est passé brusquement du crédit pour les pauvres à l’innovation des moyens de paiement et des canaux de distribution. Les faibles coûts d’exploitation des nouveaux modèles ont attiré de nouveaux acteurs dotés d’énormes ressources, des télécoms aux plateformes technologiques.

Loin des projecteurs, les institutions de microfinance (IMF) ont continué à se développer, desservant des centaines de millions de personnes sans changer leurs méthodes. Mais nous sommes bientôt en 2020 et la révolution numérique a modifié le monde si profondément qu’on ne peut plus l’ignorer. Lors de la 25eédition de la rencontre Microfinance Network, les PDG des principales IMF ont discuté de la bonne méthode pour ne pas rater le train en marche.

En se projetant dans les dix prochaines années et reconsidérant les débats lors de cette rencontre, voici les sept questions auxquelles les IMF seront confrontées dans le futur.

  1. Est-ce que les fintechs vont prendre le contrôle du marché de la microfinance ?

Dans les années 1990, si vous vouliez être un entrepreneur social, vous fondiez une IMF. Aujourd’hui, vous démarrez une fintech. Accion est devenu l’un des principaux investisseurs mondiaux dans le domaine des « fintechs pour l’inclusion financière », avec des investissements dans près de 50 entreprises proposant des produits tels que des réseaux de paiement, des envois de fonds, des crédits aux petites et moyennes entreprises (PME), des crédits à la consommation, des applications PayGo, des conseils à la clientèle, des assurances et des analyses de données.

Au début, beaucoup de fintechs cherchaient à déstabiliser les institutions financières traditionnelles, telles que les IMF, mais elles faisaient face à deux problèmes fondamentaux : l’acquisition de clients et la levée de capitaux. Deux paramètres qui ont poussé de nombreuses fintechs à former des partenariats avec des institutions traditionnelles, ouvrant la voie à de nombreuses IMF : en effet, les partenariats avec des fintechs peuvent aider les IMF à passer du traditionnel au numérique.

Cependant, les IMF doivent être prêtes à collaborer avec des fintechs. Elles ont besoin de départements informatiques capables de se connecter sans problème à la technologie apportée par les fintechs. Elles doivent également développer une culture d’expérimentation, opposée à une organisation plus traditionnelle. Enfin, elles doivent admettre que les fintechs, en raison de leurs ressources financières limitées, doivent accéder au marché rapidement et ont besoin du soutien financier de leurs partenaires potentiels. Pour tirer profit de ce que les fintechs ont à offrir, les IMF doivent non seulement réaliser les avantages qu’une collaboration avec les fintechs peut leur offrir, mais être également disposées à offrir aux fintechs ce dont elles ont besoin.

  1. Les IMF vont-elles prendre le virage numérique ?

Les IMF ne jurent que par leurs méthodes de souscriptions traditionnelles, qu’elles impliquent des garanties de groupe ou une évaluation individuelle de la capacité de remboursement. Ces méthodes «de proximité» engendrent le plus souvent des taux de remboursement qui font rêver les autres bailleurs. Une des clefs du succès des IMF réside dans le fait que la méthodologie prédit non seulement la capacité de remboursement d’un client, mais augmente aussi la motivation à rembourser, par le biais de la pression des pairs et de la promesse d’un accès continu au crédit.

En revanche, les algorithmes générés par le Big Data et l’apprentissage machine manquent d’aspect motivationnels et sont conçus principalement pour prévoir le remboursement. Par conséquence, une grande partie des prêts basés sur des algorithmes présentent des taux de défaut élevés, nécessitant des taux d’intérêt élevés.

Cela dit, une fois que la configuration initiale est en place, le crédit basé sur des algorithmes est tellement peu coûteux à exploiter que son essor est inexorable. Il suffit de regarder au Kenya, où le crédit numérique a commencé tôt. Il y a plus de 6 millions d’emprunteurs numériques et, selon une étude préliminaire du MSC, près de neuf prêts sur dix dans l’ensemble du système sont numériques. Les prêts basés sur des algorithmes sont rendus possibles grâce à l’accès aux données comportementales des clients, la capacité d’analyse des données et le contact numérique, ce qui peut être difficile pour les IMF (une autre raison de s’associer à des fintechs).

Au fur et à mesure qu’elles développent les fonctionnalités permettant les prêts basés sur des algorithmes, les IMF souhaitent éventuellement explorer des modèles hybrides associant technologie et contact. Elles peuvent se concentrer sur des segments du marché difficiles à atteindre pour les bailleurs numériques. Dans tous les cas, elles doivent plaider en faveur de normes élevées pour la protection des consommateurs sur leurs marchés, afin d’éviter d’être évincés par des prêts prédateurs.

  1. Les IMF peuvent-elles participer à l’innovation des crédits aux PME (petits et moyennes entreprises) ?

Après des décennies de stagnation, le crédit aux PME est en pleine innovation. Une avancée rendue possible par trois changements de structure économique, qui accompagnent des entreprises auparavant informelles vers plus de formalité :

  • Facturation électronique : en Amérique latine et dans d’autres régions, les gouvernements exigent que les PME facturent électroniquement, principalement à des fins fiscales. Les bailleurs comme Konfio au Mexique utilisent ces données comme base du prêt numérique.
  • Le financement de la chaîne d’approvisionnement, dirigé par les grandes entreprises qui fournissent des biens aux commerçant locaux ou qui achètent des produits agricoles, est en plein boom.
  • Le commerce électronique, peut-être la plus grande force, connecte des millions de PME à des plateformes technologiques.

De nombreuses IMF ont un avantage certain à saisir ces opportunités de marché, car elles ont déjà pour clients des PME et sont habilitées à souscrire au moins à l’extrémité inférieur de ce segment. A l’avenir, elles pourront développer des méthodes de prêt utilisant le suivi des données électroniques. Les IMF peuvent également s’associer avec de grands distributeurs, des acheteurs agricoles ou des entreprises de commerce électronique en tirant parti du fait que ces plateformes ne considèrent pas le prêt comme un élément essentiel de leur activité et sont friandes de partenariat avec des bailleurs.

Les IMF doivent plaider en faveur de normes élevées pour la protection des consommateurs sur leurs marchés, afin de ne pas être évincées par des prêts prédateurs.

  1. L’assurance deviendra-t-elle importante pour les clients des IMF ?

Jusqu’à présent, la plupart des clients des IMF ayant reçu une couverture d’assurance ne savaient probablement même pas qu’ils en avaient une. En effet, le produit d’assurance le plus courant est l’assurance vie, intégrée à leur prêt sans qu’ils aient pris la décision de l’acheter. Mais on commence enfin à innover dans le domaine de l’assurance pour les personnes à faibles revenus.

Par exemple, le Venture Lab d’Accion a investi dans plusieurs entreprises en plein essor : Pula offre une assurance contre les intempéries associée à l’achat de semences, grâce à une puce intégrée dans les sacs de semences. Toffee propose des micro-assurances pour des activités spécifiques à court terme. Quant à Lumkani, elle propose des assurances incendie associée à la prévention des incendies.

Ces produits d’assurance vont au-delà des idées reçues quant à la manière de toucher des clients à faibles revenus grâce à trois de leurs caractéristiques :

  • Ils réduisent les coûts d’inscription en éliminant les exclusions
  • Ils réduisent les coûts des demandes de paiement en les rendant automatiques
  • Au lieu d’assurer des événements peu fréquents, ils construisent une culture de l’assurance en couvrant les problèmes du quotidien.

Ces offres sont rendues plus accessibles grâce à la distribution électronique. Les IMF peuvent participer à cette innovation en admettant que l’assurance peut être importante pour la santé financière de leurs clients. La réduction des risques liés aux clients devrait constituer une bonne stratégie commerciale pour les IMF. Parallèlement, les assureurs ont toujours besoin d’une bonne distribution et de partenaires.

  1. Les consommateurs seront-ils convenablement protégés dans le monde digital ?

Les services financiers numériques créent de nouveaux risques pour les consommateurs. Nous devons donc continuer à nous poser cette question. Les prêts numériques peuvent être très faciles à obtenir, mais aussi très coûteux. Au Kenya, où des micro-prêts numériques sont accessibles par téléphone, nous avons une bonne idée des risques : 20% des clients en défaut, de nombreux prêts numériques utilisés pour des paris sportifs, des tarifs supérieurs aux microcrédits et un nombre considérable de personnes ajoutées à la liste noire du bureau de crédit.

La protection des données personnelles est un autre risque croissant. Les clients veulent être certains que leurs données personnelles resteront confidentielles, à la fois car il s’agit d’un droit fondamental mais aussi parce qu’ils craignent d’être exposés au piratage, à la fraude et à des erreurs. A mesure que les IMF passent au numérique, leur exposition aux risques de cybersécurité augmente.

Les régulateurs ont du mal à faire face aux risques émergents et les IMF peuvent jouer un rôle important en veillant à respecter des normes strictes de protection des consommateurs et en définissant des normes de conduite rigoureuses pour les autres acteurs.

  1. Comment les paiements et les crédits seront-ils connectés en 2020 ?

Les IMF ont débuté avec le crédit en tant que produit autonome, mais de plus en plus, les paiements digitaux ont constitué une passerelle vers les crédits grâce à la production de données. Une évolution qui confère un avantage potentiel énorme aux grandes plateformes de paiement. Ces plateformes ont déjà une clientèle énorme qui génèrent des flots de données. Si ces dernières sont correctement analysées, elles offriront les informations nécessaires pour proposer des crédits. L’association entre paiement et crédit peut devenir potentiellement très puissante. Les grandes plateformes technologiques pourraient très bien finir par dominer le crédit, tandis que les plus petits fournisseurs, comme les IMF, resteront inférieurs ou deviendront dépendants de ces plateformes.

Au Kenya, l’évolution de l’inclusion financière nous donne une bonne idée de ce qui pourrait se dérouler dans le futur, avec un marché dominé conjointement par le paiement M-Pesa et le crédit M-Shwari. Parmi les grandes entreprises technologiques internationales telles qu’Amazon et Google, seule Alibaba est entré dans la finance à grande échelle, mais toutes les grandes entreprises ont pris des initiatives. Ant Financial est devenu la bouée de sauvetage des PME chinoises, tant pour le chiffre d’affaire que le fond de roulement, et son modèle se répand dans le monde entier, car Ant Financial investit dans toute l’Asie.

Ce scénario dominé par les plateformes n’est pas encore d’actualité sur la plupart des marchés d’IMF et pourrait ne pas aboutir. Mais ce qui est certain, c’est la puissance et l’efficacité des données de paiement pour éclairer les décisions de crédit, ce qui sous-entend que les IMF devraient rechercher des moyens de se connecter à ces données pour les exploiter.

  1. La transition numérique est-elle viable pour les IMF traditionnelles ?

Pour que les IMF parviennent à transformer ces défis en opportunités, elles doivent être prêtes à faire face à la transformation numérique. Dans de nombreux cas, tels que les IMF membres du Microfinance Network, elles sont déjà engagées dans le numérique, mais peu d’entre elles ont achevé cette transition. De nombreuses organisations ont créé des outils numériques pour leurs agents de crédit, certaines ont incorporé des outils d’évaluation du crédit dans leurs processus de souscription et beaucoup ont opté pour des décaissements et remboursements de prêts numériques.

Une transformation numérique plus fondamentale nécessite de repenser les modèles commerciaux, y compris le rôle du groupe d’agents de crédits, qui constituent l’épine dorsale du personnel de la plupart des IMF. Cette transformation implique des choix difficiles en matière de reconversion et d’emploi, ce qui doit être davantage discuté dans le secteur. Des investissements dans l’analyse de données sont nécessaires, et au niveau directionnel, une expertise doit être apportée pour guider cette transition.

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Les IMF ont la possibilité d’utiliser des outils numériques pour poursuivre leurs missions dans un monde de plus en plus numérique. Si elles n’ont pas déjà commencé, il est grand temps de le faire.

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Quel salarié doit payer son remplaçant en cas d’arrêt de maladie ?

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San Francisco, le samedi 18 mai 2019 – La comparaison entre les systèmes de protection sociale n’est pas toujours parfaitement pertinente : les dispositifs présentent en effet souvent trop de différences pour qu’il soit aisé d’établir des parallèles. Cependant, il est probable que l’histoire d’une institutrice californienne qui a été assez largement médiatisée puisse retenir l’attention de ceux qui n’hésitent pas à émettre des critiques régulières vis-à-vis des prestations dont bénéficient les Français.

200 dollars par jour en moins

Institutrice depuis dix-sept ans dans une école maternelle de San Francisco, une femme qui a souhaité que son anonymat soit respecté, doit depuis quelques mois multiplier les absences en raison d’un cancer du sein. Si le professeur de écoles continue à recevoir son salaire (pendant une période de 100 jours), ce dernier est amputé du coût lié à son remplacement. Le dispositif californien octroie en effet dix jours d’arrêt maladie par an aux enseignants, au cours desquels ils peuvent être intégralement rémunérés. Les jours non pris peuvent se cumuler d’une année sur l’autre. Une fois le capital épuisé, les enseignants continuent à recevoir leur salaire, mais un salaire tronqué du coût lié à leur remplacement, soit dans le cas de l’institutrice de Californie, 200 dollars jour (180 euros). On le devine le solde restant est très insuffisant pour pouvoir subvenir à ses besoins. Enfin, au-delà des 100 jours, plus aucune rémunération n’est assurée.

Collecte de fonds

Le système est loin d’être nouveau, puisqu’il a été institué en Californie en 1976 et constituait même une avancée sociale à l’époque. Il est en outre plus protecteur que celui auxquels sont soumis un grand nombre de travailleurs californiens et plus encore américains.

Mais, il révolte pourtant aujourd’hui les parents des jeunes élèves de cette institutrice  très appréciée qui ont décidé de lancer une collecte de fonds sur internet pour la soutenir. Ils ont ainsi pu récolter 14 000 dollars.

Alors que ce mouvement a été très largement médiatisé, le président de l’association des enseignants de Californie, Eric Heins a indiqué que des négociations étaient régulièrement menées pour faire évoluer le système, mais qu’elles se heurtaient au manque d’argent du système éducatif public.

Léa Crébat

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Un atelier de formation sur le financement de l’agriculture en Afrique se tient au Togo

03 OCTOBRE 2017 – 08:15 |

Un atelier régional de formation sur le financement de l’agriculture se tient toute la semaine à Lomé. Organisé par la FAO dans le cadre du mécanisme de soutien de son programme multipartenaire (FMM), en partenariat avec l’Association africaine de crédit rural et agricole (Afraca) et la Banque d’investissement et de développement de la Cedeao (BIDC), les participants à l’atelier sont des responsables des secteurs financiers et agricoles de Côte d’Ivoire, du Bénin, du Ghana, du Mali, du Togo bien sur, mais aussi du Kenya, de Zambie, d’Ethiopie, d’Ouganda, du Mozambique, de RD Congo, du Cameroun et du Rwanda.

Un sujet crucial car si 70% de la population active en Afrique subsaharienne travaille dans l’agriculture, le secteur capte moins de 3% du total des prêts bancaires, a rappelé hier à l’ouverture de l’atelier Lucile Imboua-Niava, représentante par intérim de la FAO au Togo.

Seront passés en revue cette semaine « l’approche de financement des chaînes de valeur, les différents modèles commerciaux, l’évaluation du marché financier pour le secteur agricole, l’analyse des tendances récentes du marché dans le domaine de la finance agricole, ainsi que les instruments disponibles pour accéder aux services financiers« , a souligné la FAO.

« Nous allons donner aux acteurs présents tous les outils leur permettant de relever les défis et contraintes limitant l’accès au financement dans le but de parvenir à une meilleure agriculture« , a expliqué pour sa part Saleh Usman Gashua, secrétaire général de l’Afraca.

Notons que le Togo, pays hôte, a inscrit dans son nouveau Programme national d’investissement agricole et de sécurité alimentaire et nutritionnelle (Pniasan), en cours de finalisation, des mesures politiques et des actions prioritaires en faveur de la finance rurale, rappelle news.alome.

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« Donner du sens à son épargne avec la finance responsable »

Depuis la crise de 2008, la défiance des Français à l’égard de la finance est forte.

ZOOM 

Depuis la crise de 2008, la défiance des Français à l’égard de la finance est forte. / Patpitchaya/stock.adobe.com

Depuis la crise de 2008, la défiance des Français à l’égard de la finance est forte. Vous défendez, vous, une « finance responsable ». De quoi s’agit-il exactement ?

Grégoire Cousté : C’est une finance qui vise à concilier performance économique et impact social et environnemental en investissant dans des entreprises qui contribuent au développement durable. Autrement dit, une finance qui se préoccupe du monde d’aujourd’hui, mais aussi de celui de demain.

Concrètement, les analystes passent au crible les sociétés à travers une grille de près de 200 critères pour examiner leur gouvernance et la manière dont elles prennent en compte les enjeux sociaux et environnementaux.

C’est à partir de ce filtre que les sociétés de gestion d’actifs proposent aux institutionnels et aux épargnants particuliers des produits qui permettront de financer les entreprises intègrant au mieux ces enjeux.

Il existe plusieurs classes de produits, par exemple les fonds dits thématiques fléchés sur l’investissement dans des secteurs spécifiques – eau, énergies renouvelables ou emploi – qui rencontrent un vrai succès. Ainsi, 40 % des nouvelles souscriptions enregistrées par la branche banque de détail de BNP Paribas se font désormais sur une offre « responsable ».

Financement de l’économie sociale et solidaire : ce qui a été fait et ce qui reste à faire

Combien pèse la finance responsable en France ?

G. C. : Difficile à dire car cela dépend de la définition et du périmètre retenus. La dernière enquête que le Forum pour l’investissement responsable a conduite avec le centre de recherche Novethic en 2015 comptabilise 746 milliards d’euros d’encours sur l’ensemble des gestions qui intègrent des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG).

Cela représente environ 20 % de la gestion d’actifs en France, ce qui n’est pas anecdotique. D’autant que la finance responsable connaît une vraie dynamique avec une croissance de 30 % en 2015.

Ce succès montre qu’il y a un véritable souci de la part des Français de donner du sens à leur épargne. Le sondage Ipsos réalisé à l’occasion de la 8e édition de la semaine pour la finance responsable est à cet égard éloquent. Près d’un Français sur deux déclare accorder une place importante aux impacts environnementaux et sociaux dans ses décisions de placements. Et 72 % des investisseurs individuels souhaitent que les enjeux de développement durable soient inclus obligatoirement dans les produits d’épargne.

Mais selon le même sondage 3 % seulement des Français déclarent avoir déjà investi dans un fonds ISR…

G. C. : C’est un des enjeux de cette semaine que de diffuser le concept d’ISR auprès du grand public : 66 % des personnes interrogées n’en ont encore jamais entendu parler.

L’autre faiblesse à surmonter tient au réseau de distribution. Les produits existent mais ils sont peu mis en évidence par les établissements financiers car les chargés de clientèle sont encore mal formés.

Interrogé sur le sujet, le candidat Macron avait estimé qu’il serait bon de rendre obligatoire la présentation d’une offre ISR par les banques et les assurances. C’est une idée qui reste à mettre en œuvre.

Le dernier grand défi est de parvenir à mieux mesurer l’impact réel de ces fonds, leur capacité à transformer le monde. Ce serait un vrai argument pour réconcilier les Français avec la finance.

Recueilli par Antoine d’Abbundo
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Le porte-monnaie électronique agricole au Togo, AgriPME, passe à la vitesse supérieure

L’utilisation du porte-monnaie électronique dans l’agriculture, AgriPME, semble porter ses fruits au Togo (lire nos informations).

Rappelons que tout a commencé en novembre 2015. Lors de sa visite officielle à Lomé, le président du Togo, Faure Gnassingbé, a sollicité auprès du président de la BAD, Akinwumi Adesina, l’assistance et les conseils de son institution pour endiguer la corruption dans le secteur agricole au Togo, souligne la Banque africaine de développement (BAD). Il s’agissait alors d’aider le gouvernement togolais à optimiser la commercialisation des engrais subventionnés vendus aux agriculteurs, à travers l’introduction d’un mécanisme de téléphonie mobile, s’inspirant du modèle nigérian. Avec succès, estime-t-on.

Lancé par Togocelullaire et Moov, AgriPME ambitionne désormais d’assurer l’efficacité dans la gestion de la subvention des engrais octroyée aux agriculteurs vulnérables, de sécuriser le versement des subventions, tout en le rendant plus simple et plus transparent. Le projet entend également assurer la traçabilité et l’opportunité du versement aux agriculteurs nécessiteux.

AgriPME serait par ailleurs un instrument permettant de connaître en temps réel l’état du marché ainsi que la disponibilité des stocks d’engrais dans le pays. Il permet aussi de renforcer l’implication du secteur privé et de favoriser la création d’emplois, et de recueillir un nombre important d’informations sur le secteur et ses spécificités (âge, sexe, localisation, superficie cultivable, semences choisies, etc.).

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L’UFC-Que Choisir met à l’index les pratiques du crowdlending

L'UFC-Que Choisir met à l’index les pratiques du crowdlending

L’association de défense des consommateurs dénonce dans une étude les pratiques des acteurs du secteur et alerte les autorités.

Le financement participatif reçoit un carton jaune pour ses pratiques de la part de l’UFC-Que Choisir. Dans une étude publiée hier, l’association de défense des consommateurs dénonce des taux de rendement plus faibles que communiqué avec un risque significatif de perte en capital, mais aussi des clauses jugées abusives et/ou illicites dans les conditions générales d’utilisation des plates-formes de prêts aux PME passées au crible. L’étude de l’association, menée sur un échantillon de 1.158 prêts à 337 entreprises sur 17 plates-formes disposant du statut d’intermédiaire en financements participatifs, met l’index sur une pratique en pleine ascension. Les prêts participatifs ont ainsi augmenté de 60% sur l’année 2016 pour atteindre un montant de 443 millions d’euros qui avait déjà doublé en 2015.

L’étude estime le taux des défauts constatés sur les prêts financés depuis au moins un an à 11,2%, un niveau 5 à 10 fois supérieur à l’estimation de 1% à 2% faite par la plate-forme Unilend en 2014 sur la base du taux de défaut des PME. En outre, si le rendement promis peut atteindre jusqu’à 7%, l’étude dépeint des niveaux de 0,33% à 1,6%, une fois les défauts et la fiscalité déduits. «Depuis le premier prêt réalisé en avril 2015, Lendix a prêté plus de 62 millions d’euros à 190 PME françaises, le taux de rendement est de 6,3% pour un taux de défaut de 0,11%», défend Olivier Goy, le fondateur de Lendix. De son côté, Unilend affiche dans sa rubrique statistiques un taux de défaut total de plus de 8% en nombre d’entreprises et détaille le total du capital en défaut et/ou en retard de 2013 à 2017.

Face à ce constat, et «soucieuse d’obtenir un assainissement du système de financement participatif», l’UFC-Que Choisir a saisi l’ACPR pour s’assurer du respect par les plates-formes de leurs obligations légales d’information et qu’elle sanctionne les manquements persistants. L’association met également en demeure Lendix, Unilend, Lendopolis, Pretup, Bolden et Prexem de purger leurs conditions générales d’utilisation des clauses jugées abusives qu’elles contiennent et se réserve le droit d’agir en justice à défaut d’une réponse satisfaisante. Elle exhorte enfin les pouvoirs publics à légiférer pour «obliger les plates-formes à fournir une information pertinente et impartiale quant aux rendements auxquels les consommateurs peuvent objectivement s’attendre et aux risques encourus».

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En Egypte, comment se financer en faisant la fête

En Egypte, comment se financer en faisant la fête
Une danseuse du ventre sur scène lors d’un mariage au nord du Caire ((c) Afp)

Le Caire (AFP) – Sur la scène, une danseuse du ventre ondule au son d’un orchestre convoqué pour l’anniversaire d’une jeune fille, pendant que des convives versent des billets de banque dans une cagnotte. En Egypte, où la crise pèse sur les flux financiers, certains s’emploient aujourd’hui à récolter des fonds… en faisant la fête.

Micro en main, le maître de cérémonie de la soirée, Hassan el-Agami, gardien des comptes, annonce qu’un des invités vient de faire don de 5.000 livres égyptiennes (260 euros). Une belle contribution.

Des dizaines de fêtes ont lieu chaque semaine, généralement le jeudi soir – dernier jour de la semaine en Egypte. Les participants versent en moyenne entre 250 et 2.500 livres à chaque fois (entre 13 et 130 euros). Un système de financement coopératif destiné à aider les Egyptiens, en plein marasme économique, à trouver des fonds ailleurs que dans les banques.

Ce soir-là, l’argent n’est pas destiné à la jeune fille qui fête son anniversaire. Il ira dans un pot commun dont chaque donateur profite, un jour, à tour de rôle: « chaque participant paie un montant spécifique jusqu’à ce que son tour vienne (de récolter la mise). Il organise alors sa fête et récupère les fonds », explique M. el-Agami

Chacun paie en fonction de ses revenus. Et contrairement aux pots communs ordinaires, les participants ne se connaissent pas.

Il incombe aux maîtres de cérémonie d’attirer des contributeurs, en déterminant le calendrier et la liste des invités. Les mariages, anniversaires et autres fêtes en l’honneur d’une naissance deviennent ainsi des prétextes et des points de rencontre en vue d’un financement participatif. L’idée est d’attirer le plus grand nombre de contributeurs possible.

Si une fête coûte autour de 50.000 livres égyptiennes (2.600 euros), la personne qui collecte les fonds peut réunir jusqu’à 200.000 livres (10.400 euros), selon M. el-Agami.

– « S’entraider » –

Dans la petite ville d’Abou el-Gheit, à environ 35 kilomètres au nord du Caire, la fête est organisée ce soir-là par le père de la jeune fille. Occupé à surveiller la collecte, il n’a pas souhaité s’exprimer auprès de l’AFP.

Sous une tente colorée dressée dans un champ, les centaines d’invités éclairés par des kyrielles d’ampoules nagent dans un brouillard de fumée, au milieu des odeurs enivrantes des narguilés et du tabac.

La plupart des hommes portent la longue tunique traditionnelle des Egyptiens. La fête se poursuit jusque tard dans la nuit, tandis que plusieurs jeunes femmes se produisent sur la scène avec la tenue très légère des danseuses du ventre, malgré le froid.

Magdy Ragab, la trentaine, est venu apporter sa contribution. « Je vais continuer de payer pour une année ou plus jusqu’à ce que j’organise ma fête », affirme ce boucher de profession, qui pense utiliser l’argent pour acheter un pick-up ou bien ouvrir un commerce.

Pendant que les assistants de M. el-Agami comptent les fonds versés, notent les noms des participants et la somme payée, des plateaux de fruits, des cigarettes, des narguilés et des bouteilles de bière sont mis à disposition des convives.

– « Plus rapide que la banque » –

Les soirées comme celle-ci se sont multipliées en Egypte ces dernières années face à la détérioration des conditions économiques, nourrie par l’instabilité politique depuis la révolte de 2011.

Dans le pays le plus peuplé du monde arabe, la chute des réserves en dollars, le ralentissement de l’activité économique, l’inflation galopante se sont traduits par des pénuries de sucre, de lait infantile ou encore de médicaments.

Dans ces conditions, le système de cagnotte est l’un des « mécanismes de base du financement coopératif », explique l’analyste économique Wael Gamal. « Quand les gens ne font plus confiance aux banques, ou quand les emprunts coûtent cher, ils optent pour des solutions coopératives pour s’entraider. »

Dans une autre fête à Shama, dans le delta du Nil à environ 70 kilomètres au nord du Caire, Walid Abou Sarah, commerçant grossiste, a organisé le mariage de son frère après avoir été contributeur pendant des mois.

L’événement éclipse la présence des mariés, assis sur le côté de la scène, ignorés par la plupart des convives.

« Aujourd’hui, la joie est multipliée par deux: ma fête de levée de fonds et le mariage de mon frère », s’enthousiasme M. Abou Sarah.

Pour l’un des invités, Haitham Fawwaz, 27 ans, « investir dans ce système de cagnotte, c’est plus rapide et c’est mieux que d’aller à la banque« . Le premier créneau disponible pour sa propre fête est en septembre prochain. C’est à ce moment-là qu’il organisera le mariage de son neveu.

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L’emballage, l’un des moteurs de la révolution agricole en Afrique

Source: http://www.commodafrica.com/08-12-2016-lemballage-lun-des-moteurs-de-la-revolution-agricole-en-afrique

« L’agro-industrie mondiale* est une industrie qui pèse $ 2,4 trillions. Si l’Afrique devait capturer ne serait-ce que 1% de cela, ça ferait $ 24 milliards. Or, la BAD estime à $ 21 à 30 milliards ce qui manque en financements à l’agriculture chaque année. Alors, imaginez si nous captons ce 1% de l’agro-industrie et nous commençons à voir des thés, des pâtes, du riz, des sauces tomates « Made In Africa » sur les rayons de Tesco et d’autres grands magasins. »

« Le riz local à l’air sale »

Cette intervention était celle d’Ada Osakwe, directeur général de Agrolay Ventures au Nigeria, lors de la 11ème Conférence économique africaine (CEA) qui s’est achevée hier. Avec pour thème  » Nourrir l’Afrique : vers une agro-industrialisation pour une croissance inclusive« , l’objectif premier des organisateurs – BAD, PNUD, Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA)- était de brasser des idées.

Et la patronne de la PME nigériane de poursuivre, avec du quotidien. « L’Afrique dépense $ 3,5 milliards par an pour importer du riz. Du riz que nous pourrions produire localement. C’est du paddy. Mais lorsque vous demandez à ceux qui mangent du riz importé pourquoi ils le font, ils vous disent que le riz local n’a pas l’air d’être de qualité, qu’il à l’air sale, qu’il n’est pas emballé correctement. L’emballage, c’est important. Il s’agit de regarder plus loin que ce que l’on voit habituellement lorsqu’on parle de valeur ajoutée. Moi je vois cela comme de la valeur de croissance. Je ne parle pas de prendre des tomates et faire de la sauce tomate. Je parle d’utiliser un emballage approprié et le vendre sur le marché local et sur le marché global. »

Une facture alimentaire de $ 111 milliards en 2025

La facture d’importation de produits alimentaires pour l’Afrique s’est élevée à $ 35,4 milliards en 2015, avec essentiellement 15 produits importés dont 5 étaient des produits de base comme le blé, le sucre, le riz, le bœuf et les graines de soja, a rappelé le président de la BAD, Akinwumi Adesina. Une facture qui devrait atteindre $ 111 milliards d’ici 2025…

« Nous devons nous atteler au potentiel de l’agriculture afin de convertir nos zones rurales de zones de misère, d’insécurité latente, de crime et de destitution en zones économiques de prospérité« , a-t-il appelé.

L’agriculture qui représente aujourd’hui 28% du PIB africain, a rappelé le président de la BAD ; 65% de la terre arable non cultivée au monde se trouve en Afrique, ce qui permettrait de nourrir 9 milliards de personnes.

* « packaged food industry globally

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Bonne performance du Fonds national de la finance inclusive auprès des agriculteurs au Togo

 

Lancé en janvier 2014 par l’Etat et les institutions de micro-finance pour combattre  l’exclusion financière d’un certain nombre d’acteurs de la vie économique au Togo, dont les agriculteurs, le Fonds national de la finance inclusive (FNFI) compte aujourd’hui 700 000 bénéficiaires qui ont pu obtenir FCFA 25 milliards.

Le FNFI n’accorde pas directement de crédits mais a recours au mode opératoire du « faire-faire » auprès de 26 institutions de micro-finance. Celles-ci mettent en œuvre trois produits dont un dédié à l’agriculture, l’Accès des agriculteurs aux services financiers (Agrisef), aux côtés de l’Apsef destiné aux pauvres et à l’Ajsef destiné aux jeunes.

L’Agrisef a été lancé en mars 2015. Il a touché 74 754 personnes en 2015 et 70 893 personnes sur la seule période de janvier à octobre 2016, a-t-il été souligné lors d’une conférence de presse qui s’est tenue mercredi dernier à Lomé. Au total, c’est FCFA 10,3 milliards qui ont été débloqués par le FNFI au profit des institutions de micro-finances dans le cadre de l’Agrisef.

Le taux de remboursement des bénéficiaires vers les institutions de micro-finances atteindrait, en moyenne, 90%, tandis qu’il atteint 100% entre ces mêmes institutions et le FNFI.

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2nd European Microfinance Day

2nd European Microfinance Day

2nd European Microfinance Day  |  20th October 2016

Creating Opportunities beyond Microcredit

 

The European Microfinance Network (EMN) and the Microfinance Centre (MFC) are proud to announce and invite you to the celebration of the second edition of this initiative in the EU.

For this second edition of the European Microfinance Day, EMN and MFC will ask its members to organise local-level activities in order to spread the meaning and function of microfinance: workshops, debates, expositions, meetings, etc. The members have the possibility to organise the day in such a way that it best serves the development of the microfinance sector in their respective areas of activity.

Likewise, EMN and MFC will organise an event in Brussels which will be opened to European policymakers and EU stakeholders. The purpose of this event will be to centralise all the activities that the two networks’ members carried out in the framework of the 2nd EMD. Media coverage will be ensured to give maximal visibility to the Microfinance sector in Europe.2nd-microfinance-day

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