QU’EST-CE QUI SE CACHE DERRIÈRE LE COÛT DU CRÉDIT ?

Le coût d’un crédit prend en compte une multitude de paramètres. On dit qu’il peut être divisé en trois parts. Pour fixer le taux d’intérêt d’un crédit, les banques prennent en compte le coût de l’argent qu’elles achètent sur les marchés financiers, les frais de fabrication de l’emprunt, et enfin le risque que présente le dossier de l’emprunteur.

DE QUOI EST COMPOSÉ LE TAUX D’INTÉRÊT ?

LA POLITIQUE MONÉTAIRE

Pour calculer le coût du crédit, la banque tient compte des taux pour se financer sur les marchés financiers. Et si les taux sont aussi bas aujourd’hui, c’est parce que le taux directeur fixé par la Banque centrale européenne (BCE) est tombé pour la première fois de son histoire à 0%. Objectif, inciter les agents économiques à emprunter pour investir, et ainsi relancer l’économie et l’inflation.

LE CONTEXTE MACROÉCONOMIQUE

Pour les taux fixes, la banque va se baser sur l’OAT (Obligation Assimilable du Trésor à 10 ans). En clair, c’est le taux d’intérêt auquel l’Etat emprunte à 10 ans. Aujourd’hui, ce taux fluctue autour des 0,4% un record de faiblesse. Un niveau artificiellement bas car lié à la politique très accommodante de la BCE qui s’est traduit par un excédent de liquidités et l’engagement de racheter la dette souveraine des pays européens. Résultat l’Etat Français emprunte à taux négatifs… jusqu’à 7 ans ! Ceci explique pourquoi les conditions d’emprunts sont exceptionnellement bonnes aujourd’hui. En revanche, si le crédit est à taux variable, au lieu de l’OAT, la banque va se baser sur l‘Euribor. C’est le taux de référence pratiqué par les banques pour se prêter de l’argent, entre elles, en euros. A noter que le taux de l’Euribor entre également dans la formule qui compose le taux du Livret A.

LA COMMISSION DE LA BANQUE

Vous empruntez un capital, sur lequel la banque ajoute un taux d’intérêt mais aussi des frais annexes, notamment des frais de dossiers.La banque va ajouter les frais de fabrication du prêt (salaire des employés, logiciels, etc.) et sa marge qui lui permet de rentabiliser son prêt. A noter que beaucoup de banques imposent une domiciliation des comptes bancaires, ce qui nécessite souvent toute une série de démarches pour rapatrier tous vos avoirs financiers au sein de l’institution qui consentira de vous prêter. Et si vous refusez la domiciliation de vos comptes, la banque peut vous « sanctionner » avec un taux plus élevé.

LES GARANTIES

Pour se protéger contre les risques d’impayés, les banques prennent des garanties. Les principales sont l’hypothèque et la caution,donnée par une société spécialisée. Si le crédit est garanti par une hypothèque, le contrat de prêt est obligatoirement passé devant notaire, alors qu’avec une caution, vous ne payez pas de frais d’acte notarié. Comptez, de façon générale, 2 % du capital emprunté.

ASSURANCE

Le taux d’un crédit s’entend généralement hors assurances. Pour connaître le coût total et réel du prêt, il faut donc encore ajouter le prix de l’assurance décès invalidité. En moyenne, l’assurance de prêt représente 0,30% du montant emprunté.b3e127c5912dff2bf5e3eeb820cf704f5d0d7202

LA SITUATION PERSONNELLE

De loin le critère plus important. Pour estimer le risque, la banque examine à la loupe le dossier de l’emprunteur. Elle se base sur les revenus, le montant de l’apport personnel, le reste à vivre, mais aussi et surtout le niveau d’endettement… etc. Plus le profil de l’emprunteur est considéré comme risqué par la banque, plus le taux d’intérêt de votre emprunt sera élevé, et plus ce dernier vous coûtera cher. C’est pourquoi on conseille de bien ficeler son plan de financement.

Enfin l’un des éléments les plus importants c’est bien sûr la durée de l’emprunt. Plus la durée de l’emprunt est longue, plus le risque de ne pas pouvoir honorer son emprunt augmente, et plus le coût du crédit sera élevé. Pour résumer, la banque fixe le taux en fonction du risque qu’elle prend lorsqu’elle prête à un particulier. Plus le risque client est élevé, plus le taux d’intérêt monte.

LE PROJET

S’il s’agit d’un prêt pour financer l’acquisition de votre résidence principale, ou pour s’acheter la Porsche de vos rêves, ce ne sera pas le même type de crédit. Dans le premier cas ce sera logiquement un crédit immobilier, et dans le second, un crédit à la consommation.

Contrairement aux idées reçues recourir à un crédit à la consommation n’est pas forcément plus onéreux qu’un crédit immobilier puisqu’on emprunte sur des plus petits montants et en général sur des durées plus courtes. Outre son accessibilité, le crédit à la consommation offre par ailleurs de multiples solutions d’investissement, et même le financement à crédit de parts de SCPI, à condition que ce soit sur de faibles montants.

A l’heure où les taux sont au plus bas, de plus en plus d’épargnants optent pour cette opportunité qui permet de se constituer un patrimoine immobilier tout en profitant de l’effet levier du crédit. Seul problème, les banques ne prêtent pas facilement pour financer l’achat de parts de SCPI…souvent il s’agit d’un crédit immobilier, sur des durées longues avec un ticket d’entrée assez élevé. Mais bonne nouvelle, les taux exceptionnellement bas et le recours au crédit à la consommation rendent cet investissement de plus en plus accessible, parfois à partir de 30 000 euros et sans apport. De quoi démocratiser des solutions intelligentes qui permettent, même pour de petites sommes, d’accéder au dynamisme du marché immobilier via la pierre-papier, tout en profitant du levier du crédit pour se constituer un patrimoine.

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