Ces placements solidaires qui rapportent

Le Monde.fr | | Par Eric Leroux

En 2014, les sommes déposées sur les placements solidaires ont progressé de 13,6 % pour atteindre 6,8 milliards d'euros d'encours, selon le baromètre annuel publié le 18 mai par l'association Finansol.

Épargner solidaire est un acte de générosité. Cela conduit en effet à donner une partie de ses gains financiers à une association, ou à financer des entreprises et des organismes qui ne recherchent pas le profit afin qu’ils puissent exercer des missions très sociales (insertion dans le monde du travail, logement de personnes précaires…). Pendant longtemps cette épargne est restée moins rentable que les placements classiques, et était de ce fait réservée à des « militants » qui choisissaient de sacrifier une partie de leur rentabilité en échange d’un impact social.

De tels produits solidaires existent toujours. Mais de plus en plus de produits offrent aujourd’hui un rendement qui n’a pas à rougir par rapport au maigre 1 % du Livret A, ou aux 2,5 % (avant frais et prélèvements sociaux) servis en moyenne par les fonds en euros de l’assurance-vie. En voici 6, tous labellisés par l’association Finansol, qui permettent de combiner générosité et rentabilité.

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  • Le Livret A du Crédit coopératif

C’est un Livret A comme celui proposé par toutes les banques, qui rapporte 1 % net par an, sans frais, ni impôt, ni prélèvements sociaux. Mais à la différence d’un Livret A ordinaire, il prévoit un mécanisme de partage : 25 à 100 % des intérêts sont reversés à une association favorisant l’accès au logement pour tous (Habitat et humanisme ou La Voûte nubienne). En 2014, ce livret a permis de verser 115 801 euros à ces associations.

Pour les épargnants, le gain net est légèrement inférieur à celui du Livret A classique en raison du don consenti. Mais comme ce don ouvre droit à une réduction d’impôt de 66 %, cela limite fortement la perte de rendement.

Exemple : une personne dispose de 10 000 euros sur ce Livret A et décide de reverser 50 % des intérêts. Elle percevra 50 euros d’intérêts et pourra réduire son impôt sur le revenu de 33 euros. Elle aura donc obtenu un gain de 0,83 %, pas très éloigné du 1 % délivré par les Livret A non solidaires.

  • Le compte « Prêt de chez moi », de la NEF

Inscrit dans la mouvance du financement participatif, le compte Prêt de chez moi permet de financer des porteurs de projets « respectueux de la personne et de son environnement », qui sont directement choisis par les contributeurs.

Le taux de rendement annuel s’élève de 1,50 % (brut de prélèvements sociaux et d’impôts) pour une durée de 27 mois, jusqu’à 1,95 % sur 62 mois. Ces intérêts sont imposables selon la tranche marginale d’imposition : ce compte est donc plus rentable qu’un Livret A pour les petits contribuables, mais moins pour les gros contribuables.

Deux bémols tout de même : le capital est bloqué et n’est pas garanti. En cas de défaillance d’un emprunteur, le risque de perte d’une partie de l’argent investi est réel. Pour limiter ce risque, un chargé de crédit de la Nef étudie tous les dossiers présentés et ne propose sur le site que ceux présentant le maximum de garanties.

Lire aussi : La finance participative solidaire émerge

  • Assurance-vie, des contrats solidaires

En 2014, le Crédit agricole a lancé une assurance-vie, le « contrat solidaire », dont le fonds en euros consacre 5 à 10 % de ses actifs au financement d’organismes solidaires (les supports financiers non garantis font de même). Ce fonds en euros n’est pas le plus performant du marché : avec un taux de 2,34 % (avant prélèvements sociaux et éventuels impôts), il a rapporté un peu moins que la moyenne des contrats d’assurance-vie l’an dernier (2,50 %). Comptez 2 % de frais sur les versements.

Un autre contrat solidaire, Entraid’Epargne de la Carac, est aussi labellisé par Finansol, mais il est moins engagé : l’acte de solidarité se traduit par un don, et non par un investissement dans les organismes solidaires. Son fonds en euros a rapporté 3,20 % l’an dernier.

La Maif commercialise aussi un contrat « responsable et solidaire », mais il n’est pas labellisé par Finansol qui requiert que 5 % des fonds au minimum soient affectés au solidaire. En effet, seules 1 % des sommes fructifiant dans ce contrat irriguent les organismes solidaires. Son fonds en euros a rapporté 3,10 % l’an dernier.

Lire aussi : Les assureurs se lancent timidement dans la finance solidaire

  • Le fonds « insertion emploi dynamique »

Ce fonds d’investissement géré par Natixis asset management est l’un des plus anciens fonds solidaires. Investi majoritairement en actions, il ne garantit pas le capital investi. Il affiche cependant une performance financière attractive : 9,8 % de progression sur un an, 59 % sur trois ans, et 46 % sur cinq ans. Il consacre 5 à 10 % de ses actifs au financement d’organismes solidaires ; le solde étant placé sur les marchés financiers classiques.

Il est destiné à des investisseurs avertis, qui acceptent de supporter une baisse : en 2011, il a ainsi perdu 16 % de sa valeur. Il existe aussi dans des versions moins dynamiques, au rendement inférieur. Ce fonds peut être acquis dans un simple compte titres, au sein d’un PEA, et il est également proposé dans plusieurs contrats d’assurance vie.

  • Les parts sociales de Spear

Les épargnants qui ont au moins cinq ans devant eux, et acceptent un risque – théorique – de perte ont la possibilité d’acheter des parts sociales de Spear (Société pour une épargne activement responsable). Les sommes apportées à cette coopérative permettent d’attribuer des prêts bancaires à des entreprises ou à des associations à fort impact social. Ce n’est pas l’épargnant lui-même qui prête (contrairement aux plateformes de prêt participatif), mais un établissement bancaire, ce qui limite fortement les risques en cas d’impayé.

Les sommes ainsi apportées à Spear permettent de recevoir une rémunération annuelle, comprise entre 1,25 et 2 % selon les années. Il s’y ajoute un avantage fiscal : une réduction d’impôt sur le revenu égale à 18 % de la somme investie, ou une réduction d’impôt de solidarité sur la fortune de 50 %. Le rendement réel, après réduction d’impôt, est donc supérieur à celui de la plupart des placements sans risque. Des frais de 3 % sont prélevés sur les sommes versées, afin de financer l’activité de la coopérative. En 2014, plus de 1,3 million d’euros ont été collectés par Spear permettant de financer sept projets.

  • Eric Leroux
    Journaliste au Monde
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L’autre microcrédit débarque en Europe

Les communautés autofinancées constituent une petite révolution dans le monde du microcrédit. Elles donnent accès au crédit à des populations généralement exclues du système bancaire formel.

«Si tu demandes 600 euros à ta banque, ils vont te réclamer des garanties de salaire à long terme et tu vas payer des intérêts élevés. Avec la communauté autofinancée (CAF), tu es entouré de gens de confiance, donc pas besoin de montrer patte blanche. Et les intérêts sont minimes.»Johany, un jeune comptable colombien, fait partie des représentants des CAF, nées en Espagne, réunis à la mi-décembre pour leur congrès annuel, à Barcelone. Cris d’enfants, rires, cuisine maison: l’ambiance chaleureuse ferait presque oublier que l’arrivée des CAF en Europe est une révolution dans le monde du microcrédit.Dans le cercle où les débats fusent, Jean-Claude Rodríguez-Ferrera, le fondateur de l’Association des communautés autofinancées (ACAF). C’est lui qui, de retour d’une étude de terrain au Venezuela où il a découvert l’existence de banques de prêt pour les pauvres gérées avec leurs propres fonds, les Bankomunales, a décidé d’importer cette nouvelle forme de crédit participative et solidaire en Europe. Les communautés autofinancées issues de ce voyage fondateur naissent du constat que les individus pauvres ne sont pas «absolument» pauvres et qu’ils maniaient déjà leurs propres outils d’épargne et de crédit avant l’entrée en lice du microcrédit popularisé par la Grameen Bank de Muhammad Yunus. En Bolivie, on parle de pasanacu, les Colombiens les nomment natilleras et les Sénégalais tontines.

Crédit photo : Emmanuel Haddad

Dépasser les limites du microcrédit

Quels que soient le nom et la forme des associations rotatives d’épargne et de crédit qui ont inspiré les CAF, l’idée est la même: un groupe de proches se réunit et chacun met de l’argent de côté une fois par mois. A partir de cette épargne collective, chaque membre peut obtenir un crédit à tour de rôle pour lancer un projet d’entreprise, acheter un appareil électro-ménager, un billet d’avion ou répondre à une dépense de santé imprévue. Dans ces communautés réunies autour d’une nécessité financière, l’élément économique est indissociable d’une plus-value sociale. Dans les pays en développement, les premières communautés repérées n’avaient d’ailleurs pas d’objectif financier; elles avaient pour «finalité d’unir leurs efforts pour accélérer des tâches spécifiques, comme la récolte des cultures agricoles ou la construction de logements», apprend-on dans L’autre microfinance, coécrit par Jean-Claude Rodríguez-Ferrera et Salomón Raydán, entrepreneur social qui déploie des Bankomunales un peu partout en Amérique latine. Si les deux entrepreneurs sociaux se sont tournés vers le système d’épargne informel, c’est que le système de microcrédit formel montre aujourd’hui ses limites. Muhammad Yunus lui-même l’a concédé: «En 1983, j’ai fondé la Grameen Bank pour que des gens, surtout des femmes pauvres, aient accès à de petits emprunts, afin de les sortir de la pauvreté. A l’époque, je n’aurais pas songé une seconde que le microcrédit pourrait enfanter son propre troupeau d’usuriers. Mais il l’a fait», écrivait le père du microcrédit dans le New York Times en janvier 2011. Intérêts de plus en plus élevés, surendettements qui mènent à des suicides et dépendance croissante des pauvres envers ces nouveaux intermédiaires qui poussent à prendre des crédits mais n’apprennent pas aux gens à épargner, tels sont les principaux écueils du diagnostic opéré tant par Muhammad Yunus que par Jean-Claude Rodríguez-Ferrera. «Les problèmes du microcrédit ont commencé en 2005», poursuit Muhammad Yunus. Tout comme les alternatives.

«De retour du Venezuela en 2005, j’ai décidé d’importer l’outil de prêts financiers autogérés et sans intermédiaires des Bankomunales fondées par Salomón Raydán. Ce fut une aventure, une folie, tant les gens ne croyaient pas à une implantation en Europe.» La grande différence avec le microcrédit tient au fait que les fonds ne viennent pas de l’extérieur mais de l’épargne communautaire, et que les crédits attribués servent à couvrir toutes les dépenses nécessaires au quotidien et non uniquement à lancer un projet d’entreprise. En 2006, Jean-Claude Rodríguez-Ferrera créait les premières «tontines améliorées» à Barcelone. Choisir l’Espagne comme première destination européenne, est-ce un hasard? Dans ce pays en crise où des milliers de familles se sont endettées pendant le boom économique des années 2000 et se retrouvent désormais à la rue, faute d’être des «clients solvables», les déçus du système bancaire sont légion.

Crédit photo : Emmanuel Haddad

Un atout pour les travailleurs immigrés

Sur la soixantaine de CAF montées cinq ans plus tard, la grande majorité est composée d’immigrés. «Ils y ont cru parce qu’ils l’avaient déjà vu chez eux», explique David, de l’ACAF, un jeune Colombien qui peut vous expliquer en deux heures comment créer votre propre CAF. Johany et les autres membres de la CAF Arepa avaient déjà tous participé à une natillera en Colombie. De son côté, Abdoulaye avait déjà monté une tontine avec sa femme et ses amis en Espagne quand Jean-Claude Rodríguez-Ferrera est venu lui parler d’un système plus sûr et plus pérenne en 2006. Ce jeune père de famille sénégalais a consulté ses proches et ils ont accepté.Depuis, il parcourt le monde pour expliquer la philosophie de la CAF, de la Tanzanie à l’Italie. Il revient alors sur ce que Jean-Claude Rodríguez-Ferrera lui a confié au début de sa «folle aventure»: comme les tontines, les communautés autofinancées visent à donner accès au crédit à des populations généralement exclues du système bancaire formel, mais en améliorant plusieurs aspects par rapport à ce mécanisme «informel mais efficace». Sa fiabilité, d’une part – si un membre ne rembourse pas, d’autres couvrent les frais; la caisse et sa clé sont gardées par deux personnes différentes, etc. –, et sa flexibilité, d’autre part – «une flexibilité particulièrement adaptée à la population des travailleurs immigrés en Europe. Car si, pour qu’une tontine fonctionne, tu ne peux pas quitter le navire avant la fin, avec la CAF, rien ne t’empêche de récupérer tes fonds et de partir», précise Abdoulaye. Et, enfin, l’aspect pédagogique, qui veut qu’outre la facilitation de fonds les membres d’une CAF doivent apprendre à gérer leur épargne et à participer à un collectif. On n’est pas loin des assemblées populaires d’indignés qui s’échinent à recréer une démocratie locale et directe dans les quartiers de Barcelone.

Crédit photo : Emmanuel Haddad

La crise, berceau de «solutions intelligentes»

Alors que le congrès touche à sa fin, chaque CAF revient sur les bons et les mauvais points de l’année passée. Un membre d’une communauté gérée par des jeunes âgés au maximum de 24 ans se félicite de la taille croissante des crédits octroyés – «et on disait que le système ne marcherait pas avec des jeunes», sourit Jean-Claude Rodríguez-Ferrera. Les membres handicapés de la CAF Pocapoc (néologisme de «peu à peu») ont pris confiance en leur capacité à gérer des questions d’argent. Seul hic du tour de table, une femme avoue que sa CAF vient tout juste de rouvrir: elle avait fait faillite après le départ de deux membres, crédit en poche. Mais grâce au système d’aval de la CAF, la somme emportée a été remboursée. Dans l’édition du week-end du quotidien La Vanguardia posée sur la table, Christian Oltra, enseignant-chercheur de sociologie à l’université de Barcelone, rend un hommage indirect aux membres des CAF: «Il est peu probable que la crise actuelle génère autre chose que de l’anxiété, le mal-être et l’appauvrissement des citoyens. Pourtant, la crise fait aussi que les gens sont plus disposés à apprendre et à chercher des solutions intelligentes, altruistes et innovantes aux problèmes.»

Un grand merci à David et Jean-Claude, de l’association ACAF, pour leur disponibilité.

Cet article a été publié sur le quotidien suisse Le Courrier vendredi 30 décembre 2011.
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Togo: la micro-finance met le cap sur l’inclusion financière

Togo: la micro-finance met le cap sur l’inclusion financière

(Agence Ecofin) – De 62400 bénéficiaires en 1995, les institutions de micro-finance (IMF), évoluant au Togo sous la forme mutualiste d’épargne et de crédit et sous la forme associative, ont compté près de 1,5 million de membres au 30 mars 2014. Elles veulent, à présent, être plus performantes: toucher le plus grand nombre possible des exclus du système classique de la finance.

C’est par le Fond national de la finance inclusive (FNFI), un instrument financier étatique lancé en janvier 2014, qui a mis en œuvre depuis avril dernier le produit « Accès des pauvres aux services financiers-APSEF », que les IMF comptent relever ce défi de la finance inclusive. APSEF devra, avant fin 2014, toucher 300 000 personnes des couches vulnérables et atteindre un objectif d’au moins 2 millions de bénéficiaires parmi les populations vulnérables à l’horizon 2018, via des micro-crédits de 30 000 francs Cfa au taux d’intérêt de 5%. Un produit bienvenu pour la gent féminine, la plus éprouvée par la pauvreté, selon Ahoéfa Ekoué (photo), ministre de l’Action sociale, de la Promotion de la femme et de l’Alphabétisation, qui estime que la « pauvreté a souvent un visage féminin ». Le FNFI est, croit-elle, une « bénédiction » pour les femmes, en raison de la forte prévalence de la pauvreté dans les milieux ruraux  mais aussi un « mécanisme gagnant-gagnant » pour les IMF et les populations pauvres. Six mois après son lancement, le FNFI, placé sous tutelle du ministre du Développement à la Base, de l’Artisanat, de la Jeunesse et de l’Emploi des Jeunes, a touché, au 15 octobre dernier, 211 846 bénéficiaires avec le produit APSEF et devra s’ouvrir très prochainement, entre fin 2014 et au plus tard début 2015, par un produit spécifique au secteur agricole qui occupe près de 70% de la population active et contribue à près de 40% au PIB. Ce produit va accroître la consommation de la population et fait du FNFI un « levier du développement du Togo », à un moment où les autorités togolaises décident de doter le pays d’un « outil stratégique de pilotage de la transformation », a expliqué Kako Nubukpo, économiste et ministre de la Prospective et de l’évaluation des politiques publiques.

Ainsi, pour accompagner adéquatement cette dynamique, l’édition 2014 de la « Semaine nationale de la micro-finance » , la quatrième, s’est tenue du 13 au 18 octobre à Lomé sous le thème « Cap sur l’inclusion financière au Togo ». Il s’est agit de cinq jours de débat sur les nouveaux défis pour la mobilisation des ressources, la transparence et l’inclusion financière, la qualité des portefeuilles, l’assainissement du secteur et le développement de nouveaux produits en faveur des populations défavorisées et surtout des milieux reculés. Ce rendez-vous des IMF a réservé une place de choix au processus Making Access Possible (MAP) qui permettra au Togo de faire le diagnostic complet de l’état de la finance inclusive du pays, dans la perspective d’une nouvelle stratégie nationale de développement de la finance Inclusive. A cette fin, les échanges ont abordé, entre autres, la question de la contribution des IMF à la promotion d’une finance accessible à tous, des stratégies nationales de micro-finance classique à l’approche MAP et le plaidoyer pour la mise en œuvre d’une feuille-de-route du MAP au Togo et de la finance inclusive dans la stratégie de développement du secteur financier.

Cette messe de mise en lumière des activités et de la performance des institutions de micro-finance du Togo s’est achevée, essentiellement, sur la nécessité de la pleine intégration des institutions de micro-finance dans le processus d’inclusion financière que Ange Ketor, président de l’Association professionnelle des institutions de micro-finance (APIM-Togo), qualifie de «micro-finance affinée». A son analyse, la finance inclusivepermettra aux IMF d’atteindre dorénavant les zones rurales et milieux réputés non bancables, au travers les nouvelles technologies et des alliances stratégiques avec les banques, la poste, les supermarchés et les réseaux de téléphonie mobile. Ce qui relancera la performance des 204 IMF opérant au Togo et qui, à fin mars 2014, comptaient 1,449 million de membres avec un encours de crédit de plus de 128 milliards Cfa et un encours d’épargne de plus de 140 milliards Cfa. Sur ce potentiel d’institutions de micro-finance, seulement 18 sont partenaires de l’APSEF qui est soutenue par les partenaires multilatéraux dont la Banque mondiale, la BCEAO, le PNUD, la BOAD, la BAD, APIM-Togo à côté de l’Etat togolais. Mais Victoire Sidémého Tomegah-Dogbé, ministre du Développement à la Base, reconnaît que la micro-finance a pu assurer des services d’épargne, de crédit, de micro-assurance et de transfert aux couches défavorisées du territoire même dans des milieux assez vulnérables. Ceci, dans un contexte de mobilisation des populations à la base, pendant que le Togo s’est engagé dans les voies de la construction d’un vaste secteur financier inclusif accessible à tous et fonctionnant suivant les règles de bonnes pratiques, et surtout dédié aux plus pauvres. « Il a fallu une réforme institutionnelle pour répondre à une question fondamentale et des besoins réels de la population », a relevé Mme Sidémého Tomegah-Dogbé qui s’est, avec le gouvernement togolais, inspiré de l’expérience du Bénin où la mise en œuvre de cet instrument de l’inclusion financière s’est traduite en 2012 par un taux de pauvreté de 35,2%, contre une moyenne de 49,4% au sein de l’espace de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa).

Le Togo, où la prévalence de la pauvreté est passée de 61,7% à 57,1% ces dernières années, serait très engagé à dupliquer cette réussite du Bénin. Il est, parmi les autres pays copiant sur le modèle béninois, celui qui a « le plus rapidement mis en œuvre certains instruments de la finance inclusive », d’après Reckya Madougou, ancienne ministre de la micro-finance du Bénin.

Déjà on s’accorde à reconnaître que des articulations fortes se font au sein du secteur financier togolais et redonnent un nouveau dynamisme à la micro-finance pour l’avènement d’une finance qui n’exclurait personne au Togo.

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La Semaine Nationale de la Microfinance lancée sous le signe de l’accès de tous au crédit

Togo  – Après le lancement du Fonds national de la finance Inclusif (FNFI) et de son premier produit, Accès des Pauvres aux Services Financiers (APSEF), la ministre du développement à la base, de l’artisanat, de la jeunesse et de l’emploi des jeunes, Victoire Tomégah-Dogbé a procédé lundi à Lomé, au lancement de la semaine nationale de la microfinance, a appris l’Agence de presse Afreepress.

Trois (3) jours de travaux qui permettront, selon les organisateurs, d’assainir le secteur de la microfinance en lui apportant un appui conséquent pour aller plus loin dans le sens de l’inclusion financière. « Ces travaux nous permettront de faire un point global de performance du secteur, de faire des propositions innovantes pour mettre fin de manière décisive le cap sur l’exclusion financière au Togo », a déclaré Mme la ministre.

La promotion d’un espace financier ouvert et accessible à tous les Togolais de bénéficier des services financiers adapter et pérenne, professionnel et privé est nécessaire, selon le gouvernement.

« Nous voulons montrer à la population ce que nous faisons exactement avec l’ensemble des acteurs, les partenaires, les prestateurs de service et même les bénéficiaires. La nouvelle donne veut que nous soyons plus dynamique, pro-actif à la population en fonction de ses besoins réels pour tourné la page à deux (2) ou trois (3) fois l’épargne en crédit et « mettre des alliances stratégiques qui permettent d’aller au fond du Togo, a laisser entendre Ange Ketor, directeur Exécutif de l’Association des Professionnels des Institutions de Microfinance au Togo (APIM-Togo).

Pendant ces trois jours, les professionnels des institutions de microfinance auront à leurs côtés leurs collègues du Burundi, du Bénin, du Congo, de la Côte d’Ivoire et de l’Ethiopie.

Bernadette A.

Source : | AfreePress
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La microfinance, entre social et commercial

BlueOrchard fait la promotion de placements stables et décorrélés du marché

La microfinance continue d’attirer des investisseurs. Les fonds qui lui sont dévolus ont encore augmenté de 16,4% entre 2012 et 2013, pour atteindre la barre des 10 milliards de dollars, selon une étude récente de Symbiotics. Les micro-entrepreneurs, qui profitent de cet argent aux quatre coins du globe, sont eux aussi toujours plus nombreux. Ils étaient en moyenne plus de 200 000 par fonds d’investissement fin 2013, avec un crédit moyen de 1787 dollars.

Pourtant, les professionnels du secteur assurent pâtir toujours et encore d’une mauvaise perception de la part des investisseurs, qui y voient un placement risqué. Et cela alors même qu’une étude conjointe de l’Université de Zurich et de BlueOrchard confirme que les rendements sont stables et décorrélés des autres classes d’actifs.

La société de gestion genevoise spécialisée dans la microfinance tenait son petit déjeuner jeudi dans un grand hôtel du bout du lac. Objectif: convaincre les investisseurs institutionnels et les médias que la microfinance n’est pas un investissement plus risqué qu’un autre.

L’exemple du Caucase

La présentation était assurée par Normunds Mizis, responsable du centre régional de Blue­Orchard pour l’Asie centrale et le Caucase. Dans cette région, 400 millions de dollars ont été investis depuis 2001 dans 17 pays et via 36 institutions de microfinance différentes.

Normunds Mizis a commencé par rappeler le rôle social de la microfinance, qui permet aux plus pauvres et à ceux qui vivent dans des zones de conflit de souscrire un crédit pour lancer leur entreprise. Comme au Kirghizistan, où seuls 3,8% des adultes ont un compte en banque. Il cite en exemple Eliso, une veuve d’Abkhazie (Géorgie), qui a emprunté 1200 dollars pour monter un élevage de poulets.

Puis Normunds Mizis a insisté sur la stabilité de la rentabilité financière des institutions de microfinance dans la région, qui ­oscillent entre 0,74% pour le Kirghizistan et 4,75% pour l’Azerbaïdjan. Le tout sans risque assure-t-il. «Notre portefeuille en Asie centrale et au Caucase génère des revenus réguliers, sans aucun prêt douteux et avec 100% des paiements qui sont effectués à temps», explique-t-il.

Quant aux institutions auxquelles BlueOrchard et ses investisseurs prêtent de l’argent, elles observent des retards de paiement supérieurs à 30 jours de la part de leurs clients dans seulement 0,37% des cas en Azerbaïdjan et de 2,39% en Géorgie. Loin de la moyenne mondiale, qui varie entre 2,5 et 3%. «Les gens paient à temps dans cette région du monde», conclut Normunds Mizis.

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South Africa’s largest microloan bank collapses

Freelance ConsultantContributeur principal

African Bank (ABIL) in South Africa is famous (along with Capitec Bank) for having pioneered the mass provision of unsecured microloans to the country’s poor. It was widely celebrated in the early 2000s for having done so much to promote ‘financial inclusion’ among the poorest black communities and for having made a microcredit available to anyone who wanted one (or two or three…). But being profit-driven adn effectively controlled by senior managers, the inevitable tendency was to push out far more microcredit than could be productively used by the poor, resulting in the massive overindebtedness we see today in South Africa. But the CEO and senior managers all got rich by adopting such a tactic, so they were quite sanguine about the results in the community. Today, African Bank collapsed. The South African government has quickly stepped in and it will use taxpayer funds to rescue what it can. See the report by CNBC,

http://www.cnbc.com/id/101909500

The South African government is hoping that this will not mean further damage to the financial sector as a result of its the overlending of its once celebrated microcredit banks, but no-one is sure what will happen next. Scary times and one of the clearest signs to date that South Africa’s microcredit sector has been a disaster in the post-apartheid era. Sadly, the biggest loser could be South African pension fund – Public Investment Corp – that holds a large stake in African Bank, now worth a lot less than it was last yeaar.

Nadine Hutton | Bloomberg | Getty Images « This is something that is not done lightly, » central bank governor Gill Marcus told a news conference. « There is a private (and) public sector responsibility, given the nature of African Bank and its…

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Madagascar : Inquiétude des clients d’une Institution de micro finance

Source: http://www.lexpressmada.com/blog/actualites/economie/inquietude-des-clients-dune-institution-de-micro-finance-15599

L’information est à creuser. Des clients d’une importante  Institution de micro finance (IMF) implantée dans le sud du pays, s’inquiètent sur l’état de santé de l’établissement. D’après nos sources, l’établissement qui fait partie des plus grandes institutions  à Madagascar, serait en difficulté financière à l’heure actuelle. Le salaire des employés  est  aujourd’hui  impayé, et il serait même au bord d’une cessation de paiement. « Nous avons peur que, ce qui était arrivé à la banque BICM qui est mise actuellement en liquidation judiciaire, arrive également à la notre. Nous demandons à l’État de voir de près la situation », lance une  source avisée.

D’après certaines explications, c’est le paiement de ses échéances de crédits à un de ses principaux bail­leurs de fonds privés qui influe la trésorerie de l’IMF. Mais dans le fond, il s’agirait d’un problème de gestion qui avait plombé les résultats financiers de l’établissement. L’octroi de crédits qui ne respecte pas les règles de la prudence en la matière, entre autres, serait remis en cause.
Ce sont justement pour les mêmes problèmes que des actionnaires de la BICM ont porté plainte contre des dirigeants de la banque.
Mahefa Rakotomalala

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Inde: un spécialiste de la microfinance veut démocratiser la banque

May 9, 2014

Chandra Shekhar Ghosh, fondateur de Bandhan Financial Services, à Calcutta le 5 mai 2014Chandra Shekhar Ghosh, fondateur de Bandhan Financial Services, à Calcutta le 5 mai 2014 (Photo Dibyangshu Sarkar. AFP)

Chandra Shekhar Ghosh est un homme pressé depuis qu’il a décroché au nez et à la barbe des grands noms de la finance indienne une licence bancaire pour sa société de micro-crédit.

Le fondateur de Bandhan Financial Services dispose de 18 mois pour transformer sa société de micro-finance en banque ouverte aux millions de «pauvres dépourvus de banques», selon les termes de sa licence.

«Pour une société de microfinance, obtenir une licence bancaire est comme atteindre le Saint-Graal», déclare Gosh à l’AFP.

la banque centrale indienne (RBI) a crée la surprise le mois dernier en octroyant ses première licences bancaires depuis dix ans à un spécialiste du micro-crédit basé à Kolkata (ex Calcutta), écartant des poids lourds de l’économie indienne comme le milliardaire Anil Ambani.

La seconde licence a été accordée au plus important groupe de financement d’infrastructures IDFC.

Le gouverneur de la RBI, Raghuram Rajan, a pris cette décision pour développer l’accès à l’épargne et à l’emprunt dans les zones rurales pauvres, en particulier auprès d’agriculteurs et de PME.

Seulement 35% des adultes en Inde disposent d’un compte bancaire, un taux jugé «pathétique» par la RBI.

Ghosh entend ouvrir quelque 700 agences dans 22 Etats et vise au moins 10 millions d’ouvertures de comptes dans un premier temps.

Selon les conditions de la licence, une agence sur quatre devra être située dans des villes de moins de 10.000 habitants. Mais Ghosh entend aller plus loin et installer 80% de ses agences en zone rurale même si des agences seront aussi implantées dans des grandes villes pour renforcer la notoriété de sa société.

– Débuts modestes –

A 53 ans, Ghosh a multiplié les expériences depuis son premier emploi aux côtés de son père dans un magasin de confiseries. Il obtient un diplôme de statistiques puis travaille pour plusieurs ONG où il découvre les pratiques usurières dont sont victimes les pauvres.

Il décide alors de créer en 2001 une petite société de prêt avec 200.000 roupies (2.400 euros) et deux employés.

Il commence par emprunter de l’argent à des amis pour le prêter à ses clients mais change de dimension quand un organisme public, la Small Industries Development Bank of India, investit dans sa société.

Bandhan prend son essor et devient le premier groupe indien de microcrédit, d’abord centré sur le nord-est du pays avant de se développer dans tout le pays.

«Je ne suis pas un économiste ni un banquier. J’apprends de mes clients», assure-t-il.

Ghosh a recruté parmi les pauvres pour gérer ses agences, estimant qu’eux seuls «comprenaient la pauvreté» et pouvaient identifier les gens vraiment dans le besoin.

Avec une licence bancaire, une partie de son personnel va devoir se former à des produits plus sophistiqués. Seulement 3/5 de son personnel a le niveau bac.

«Avoir un diplôme n’a jamais été le plus important pour travailler chez nous», dit Ghosh.

– Retour en grâce de la microfinance –

Devenir une banque va lui permettre de prêter de meilleurs taux. En tant qu’acteur de la micro-finance, Bandhan devait emprunter à d’autres organisations financières, ce qui l’obligeait à afficher des taux allant jusqu’à 22%.

Bandhan pourra désormais compter sur ses propres ressources grâce aux dépôts de ses clients. «C’est un cercle vertueux, nous pourrons prêter à des taux plus bas», ajoute-t-il.

Ghosh va s’appuyer sur ses 5,2 millions d’emprunteurs pour constituer sa base de clients. Il a un portefeuille de prêts de 57 milliards de roupies et 12.961 employés dans plus de 2.100 agences.

«Si deux membres de chaque famille de notre portefeuille de clients ouvrent un compte, nous atteindrons automatiquement 10 millions de comptes», relève-t-il.

L’octroi d’une licence à Bandhan signifie aussi le retour en grâce de la microfinance en Inde deux ans après que les pratiques présumées d’un autre groupe de microcrédit, SKS pour recouvrer ses fonds eurent conduit des agriculteurs au suicide et mis en danger le secteur.

AFP

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LA TONTINE AFRICAINE: LA BANQUE DES FEMMES

La fiabilité de ce système d’épargne dépend de la bonne moralité de la trésorière. Et des capacités financières des adhérentes.

Les tontines, appelées en bambara «Pari» ou «Ton» restent les banques favorites des femmes. Grand-mères, mères et jeunes filles de tous les âges, de toutes les catégories socioprofessionnelles y contribuent. Les ménagères sont nombreuses dans notre pays à animer ces caisses de solidarité de proximité.
Généralement instituée au sein d’une association ou regroupement de femmes, la tontine est un système dans lequel chaque femme cotise à une date régulière. Le capital (monétaire ou non monétaire) ainsi constitué est redistribué à tour de rôle aux membres. La tontine est généralement fondée sur une base fédératrice. Elle rassemble les personnes de la même famille, du même secteur d’activité, de la même catégorie socioprofessionnelle, de la même origine géographique, ou du lieu de résidence. Les employées d’une grande entreprise privée, par exemple, se réunissent en association. Ailleurs dix ou quinze petites commerçantes d’un marché de quartier « cotisent » 500 ou 1000 Fcfa par jour. Les apports sont collectés par l’une d’elles jouant le rôle de trésorière.

UN PHENOMENE DE SOCIETE

À la fin de la journée, de la semaine ou du mois, l’heureuse récipiendaire se verra en possession d’un pécule qui lui permettra d’agrandir son fonds de commerce, d’acquérir des biens de consommation. On verra des mères de famille se réunir en « tontines de biens ». Ici la cotisation est un pagne, un drap, ou tout autre ustensile fixé de commun accord. La tontine est devenue un phénomène de société. Toutes sortes de biens matériels peuvent faire l’objet de tontine. À tour de rôle, ces femmes s’offrent des savons de lessive, de l’huile de cuisson, du sel ou tout autre article.

La septuagénaire, Mme Diallo Awa Dia, est nostalgique des tontines du temps de sa jeunesse. «À notre époque, notre tontine consistait à travailler dans les champs de chacun. Nous cotisions également des fruits de nos jardins et de nos champs. Chaque dimanche, chaque membre apportait un morceau de savon traditionnel à celle dont c’était le tour d’en bénéficier. Les bandes de cotonnades servaient aussi de base à la tontine. La récipiendaire en tirait des couvertures. Au bon vieux temps, on ne connaissait pas l’argent», témoigne la septuagénaire.

Les épargnantes adhèrent au système financier informel dans le but d’atteindre un objectif clair et bien déterminé. Elles souhaitent réaliser un projet financier, une activité génératrice de revenus ou une activité d’utilité sociale à la fin du cycle de la tontine sans recourir au crédit. La tontine, en favorisant l’épargne des femmes, met en place les bases d’une économie solidaire.

Des étudiantes n’hésiteront pas à cotiser 500 à 1000 Fcfa par jour, pendant une période donnée pour s’offrir des fournitures scolaires et des habits. Dans le milieu rural, au moment des semences ou des récoltes, des paysannes iront, selon un cycle préétabli, dans le champ de l’une ou de l’autre effectuer un travail collectif. Des citadines originaires du même village se réuniront pour créer des «associations de développement». Ces collectes d’argent ou de pagnes constituent le fondement solide des épargnes journalières ou mensuelles.

LES GROS BONNETS DE LA CAPITALE

Les tontines génèrent des revenus pour les paysannes et les femmes à faible bourse. Mais elles prennent un autre sens pour les «gros bonnets». Pour cette catégorie supérieure, la tontine est une affaire de gros sous. La contribution de chaque adhérente varie entre 50 000, 100.000 jusqu’à 250.000 Fcfa par mois.

La présidente de la tontine de femmes commerçantes qui fréquentent l’axe Bamako-Dubaï est Mme Doucouré Habi Bathily. Son association compte une quarantaine d’adhérentes. Chaque dernier samedi du mois, les adhérentes se réunissent chez un membre pour verser 100.000 Fcfa par personne. À l’occasion de chaque rencontre, un repas copieux est préparé en l’honneur des hôtes. Ces «gros bonnets» animent leur tontine depuis une dizaine d’années. Et le groupe se développe au fil des ans.

«À chaque rencontre, la collecte mensuelle atteint 5 millions de Fcfa, de quoi renforcer son commerce. Nous profitons aussi de ces rencontres pour échanger sur notre activité commune. Nous nous donnons des conseils sur nos vies de couple», témoigne Mme Doucouré Habi Bathily qui révèle que les recettes des tontines constituent des fonds qui aident beaucoup de femmes à faire face aux dépenses des cérémonies de réjouissances sociales. Même si elles ne sont pas fortunées, elles peuvent dépenser sans compter au cours d’une assemblée. Ainsi beaucoup demandent à recevoir les recettes de la tontine quand elles ont des baptêmes ou des mariages. «Nous sommes facilement remarquables dans la foule, nous sommes applaudies, enviées, jalousées. Nous distribuons des billets de banque, des bijoux sont offerts aux griots», se vante notre interlocutrice.

Le témoignage de Mme Diallo Awa N’Diaye est édifiant. Elle était trésorière d’une grande tontine qui vient d’arrêter de fonctionner. Elle soutient que les «tontines de gros-bonnets» sont des cercles de gaspillage d’argent. Elle est fière de son statut de simple secrétaire de direction. «Nous cotisons chaque mois 50.000 Fcfa. Quand les soi-disant gros-bonnets reçoivent la cagnotte « bonjour les dégâts ». Il devient difficile pour nous autres qui suivent de recevoir notre argent difficilement gagné et cotisé. Je me suis donc retiré du groupe. Car, moi je voulais tout simplement économiser pour m’acheter une maison», déplore la jeune femme.

«PUS DE TONTINES CHEZ MOI»

Les hommes émettent des points de vue multiples face à tous les préjugés autour des tontines. Ils sont massivement contre. Le fonctionnaire, Mohamed Diarra a accepté de témoigner. «Il y a deux ans, confesse-t-il, ma femme était présidente d’une tontine. Chaque dimanche un groupe de femmes envahissait la maison. Impossible de dormir dans sa chambre à cause du bruit des discussions. Parfois éclataient des bagarres agrémentées d’injures. Chaque dimanche depuis 12 heures, je quittais ma maison et ne revenais qu’à 22 heures. Un jour, j’ai eu ras-le-bol de cette situation. J’ai appelé ma femme et je lui ai demandé de choisir entre son époux et sa tontine. Je ne veux plus de tontine chez moi». Le groupe de femmes se transporta ailleurs.

Le commerçant Karamoko Sylla déteste les tontines. Il accuse son épouse de ponctionner les frais de condiments pour payer sa cotisation de tontine. «Ma femme ne travaille pas, elle n’est pas commerçante, alors comment fait-elle pour payer ces multiples tontines ? En plus, pendant ces rencontres, les adhérentes se bourrent les têtes de mensonges et de mauvais conseils», soutient le mari énervé.

Beaucoup d’époux déplorent les rentrées tardives de leurs femmes et les heures improductives consacrées à leur tontine. Certaines se réunissent à 16 heures et ne rentrent à la maison qu’au petit soir. Cette inconscience cause des frictions dans de nombreux couples.

La tontine est une bonne expression de la solidarité entre les femmes. Elles réalisent nombre de désirs sans importuner leur époux. Mais, il faut corriger certains facteurs pour gagner l’indulgence des époux.

Doussou DJIR, L’ESSOR.

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La solution : votre épargne sacrebleu !

Si vous avez entre 45 et 55 ans, votre argent est le plus exposé.

Certains politiques commencent à s’exprimer ouvertement sur le fait que la banqueroute française serait une « bonne chose » car elle serait payée par l’épargne des Soixante-huitards… Merci pour eux…

« Une telle opération permettrait de  libérer les nouvelles générations du fardeau de la dette, tout en faisant supporter la majeure partie du coût aux épargnants de la Génération 1968, qui ont tant profité des largesses d’un système à crédit (via leurs placements en OPCVM et assurances-vie, qui seraient les premiers touchés. (Lu ici)–Selon Gaspard Koenig, responsable d’un « think tank » libéral français

Ce qui est intéressant, c’est que Monsieur Moscovite-ci (Ministre de la Banqueroute des Finances Publiques) souhaite faire promulguer une loi qui est un véritable « permis de tuer l’épargnant« .

L’idée lumineuse est de solidariser votre épargne avec le fonds de renflouement des banques…

Pour faire court, votre argent sera saisi pour sauver votre établissement bancaire si le fonds de garantie des dépôts est insuffisant pour couvrir les pertes

Comment préparer votre argent au Coup Fatal ?

ÉTAPE 1 : Vérifiez la solidité de votre banque

ÉTAPE 2 : Réorganisez vos comptes bancaires

ÉTAPE 3 : Diversifiez vos avoirs en ouvrant un compte dans une banque alternative

ÉTAPE 4 : Ouvrez légalement un compte bancaire hors d’Europe

ÉTAPE 5 : Retirez une partie de votre CASH

ÉTAPE 6 : Échangez une partie de votre papier en 3 valeurs (métaux précieux, immobilier, votre affaire)

Lionel Segault. Gold-up

NDLR : Lionel Ségault édite régulièrement des brochures qu’il propose d’abord gratuitement en forma kindle, puis à la vente à des prix très accessibles. Si il est vrai que son activité de journaliste financier surfe sur la crise, il n’en reste pas moins que les informations sont sans doute à prendre en compte et qu’il m’a semblé utile de les transmettre.

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